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MessageSujet: Indestructible (terminé) Jeu 28 Déc - 18:12
Staufen

“ It’s twenty to one
Yeah, so you better run ”






Aetius Hohenstaufen



8574 ans ♂  taureau chef mercenaire pays des blacksmiths magie noire

Peau : Gris pâle Taille : 7’ Corpulence : large et légèrement musclé Cheveux :  longs, brun foncé Yeux : noirs Forme non-humaine : Un gros taureau blanc avec de longues cornes et de minuscules défenses Signe(s) distinctif(s) : Il a deux petites défenses

∞ Caractère

Homme presque inexpressif, il est difficile de caractériser correctement Staufen. Il peut sembler intimidant, avec sa taille immense et son habitude de s’exprimer par le corps plutôt que par la voix. Cependant, il est assez rapidement identifié comme ce qu’il est réellement : un gentil géant. Ceux qui le connaissent bien sont aussi capables d’identifier ses rares expressions. Staufen n’a aucune malice en lui. Il aime généralement ses proches, envers qui il est très paternel. Une de ses mauvaises habitudes est justement de s’amouracher d’âmes blessées. Il les garde près de lui, en étant protecteur au point que ça peut devenir envahissant. Mais, il n’est jamais jaloux. Il veut le mieux pour ses protégés, même si ça implique leur mécontentement. Lorsque ceux-ci sont guéris, il les laisse repartir de leur propre gré, sans aucun regret. Certains critiquent parfois ce trop grand détachement. Certains de ses protégés se sont même plaint qu’il ait disparu si brusquement de leur vie! Le plus grand défaut de Aetius reste sa fâcheuse dépendance aux relations charnelles. Staufen, s’il le pouvait, coucherait littéralement avec tous les gens qu’il rencontre. Pas toujours parce qu’il désire tout le monde, mais plus parce que ce serait la seule façon de satisfaire sa faim. Quoiqu’il voit souvent la beauté en tous.

∞ Histoire

Bâtard. C’est un mot qui colle à la peau. Dans la dynastie des Hohenstaufen, on devait être de sang pur pour mériter le nom. Quand le petit Aetius vit le monde, on ne l’appela pas Hohenstaufen. C’était Aetius le bâtard.  

Rarement on mentionnait les origines du fils d’adultère. Certains documents récents priment l’innocence de la mère. Un animal ne peut-il pas féconder sans déviance? Il reste que ces propos sont de la propagande royale. La mère avait réellement connu les bras de la bête. La pureté morale des Hohenstaufen en avait été grandement entachée. Cet enfant minotaure, cet ignoble qui marchait dans le palais de la noblesse, il était honte à la famille. Au mieux, on ne le remarquait pas, au pire, on l’ignorait volontairement. Il y avait d’autres héritiers au trône, des vrais, des légitimes.

Aetius était inutile.

Il apprit à aimer son isolement. Il domestiqua la solitude. La guerre l’intéressait peu, de toute façon. S’il avait été cadet blacksmith pur, on l’aurait fait forgeron, soldat, chevalier. Mais il y avait au pays si peu de connaissances en matière de magie noire ou blanche, on préféra ne pas lui donner une éducation magique. De plus, quel aurait été l’avantage d’un mage impur? La métallurgie était l’occultisme parfait! Aetius, aux valeurs guerrières qui faisaient la fierté de sa famille, préféra donc les répugnés romans, les misérables poètes, les pelleteurs de nuages. Il étudiait les vers pendant que ses aînés apprenaient le contrôle du métal. Il maîtrisait la langue alors que ses frères matérialisaient l’élément. Il jouait avec la grammaire lyrique quand les vrais fils d’Hohenstaufen n’étaient plus qu’un avec le matériel.

Aetius était poète.  

Alors qu’on vivait dans une société qui n’avait pas besoin de poètes. La poésie, c’était l’art des pauvres. Aetius était non seulement poète, c’était un grand romantique. Il rêvait de l’amour courtois, de ce sentiment qu’il décrivait dans ses métaphores. Il avait de grandioses idées de ce que c’était, l’amour! Et le charnel… Il était vierge qu’il désirait déjà tous les corps qui étaient. Il deviendrait dieu nocturne entre les chairs d’un amant. L’une de ses passions survécut au temps. L’autre s’évanouit, et il finit par l’oublier, parce que, sans tristesse, il n’y croit plus.

Aetius était amoureux.

Il avait été marié par ses parents à la fille d’un sylvestre, malgré la tension entre les royaumes. D’ailleurs, le mariage avait été un don des Hohenstaufen pour tenter d’apaiser cette nervosité. C’était une décision politique forcée. Il n’y avait rien de sentimental à cette relation. Et pourtant, Aetius, captivé par ses fantaisies d’amour parfait, tenta désespérément de faire naître ses rêves avec sa femme. Il la vit pour la première fois à leur mariage. Il en était déjà amoureux. Il la voyait mourir aux côtés de sa vie éternelle, il s’imaginait leurs enfants, leurs étreintes, des mots doux, des sourires d’amants. Il s’imaginait l’aimer. Il s’imaginait qu’elle l’aimerait. Qu’elle ferait semblant, au moins. Il apprit rapidement qu’il n’y avait pas que leurs parents qui avaient fait de leur union un acte politique. Son aimée, elle s’était rangée à leur opinion. Elle refusa les intentions romantiques d’Aetius : « C’est arrangé. Je ne t’aimerai jamais, on va juste faire semblant de se supporter. » C’est probablement sa déception qui tua son envie d’aimer. Il n’allait pas laisser la réalité tacher à nouveau son imaginaire. Il ne voulait pas haïr l’amour. Il ne voulait pas devenir cynique des cœurs. La déception dura dix ans. Les tensions familiales avaient brisé leur relation. C’est à sa fin que Aetius prit la décision de ne plus jamais rêver à un amour parfait.

Aetius était aimé.

Pas par sa femme, évidemment. Elle ne l’aura jamais même apprécié. Elle méprisait l’idée même qu’on l’ait mariée à un bâtard. Non, Aetius n’avait pas été aimé par cette aristocrate. Celui qui aimait Aetius, il partageait son sang. Si la femme ne l’avait jamais aimé, elle avait au moins daigné lui laisser l’amour. Leur fils. Alaric. Si l’amour romantique n’existerait plus pour Aetius, cet attachement qui existait entre lui et son enfant, il était plus doux, plus merveilleux que le paroxysme de ses rêves. « Tu peux le garder, il est aussi bâtard que toi. » Deux hommes abandonnés par une femme qui n’avait rien permis d’autre que la naissance de leur affection à eux.

Aetius était père.

D’un petit garçon, un veau, qui s’appelait Al. Un enfant à l’attitude du bâtard. Une petite boule tranquille aux grands yeux pétillants qui l’appelait paps et qui fut le premier à jamais lui dire : « Je t’aime! » Il ne comprenait probablement rien aux poèmes de son paternel, mais il tirait tous les soirs un recueil, allait s’asseoir sur les larges genoux du taureau, et suppliait qu’il lui lise jusqu’à ce qu’il s’épuise. Il se cachait derrière le colosse qui lui servait de père à chaque crainte. Il ne s’endormait pas si papa n’était pas dans la même pièce que lui. Il traînait toujours sur lui un vieux chandail trop petit de son paps qui respirait l’odeur réconfortante d’Aetius. Et Aetius… Aetius l’aimait terriblement, son bébé. À chaque fois qu’il le prenait dans ses bras, c’était la chose la plus précieuse et délicate du monde qu’il manipulait. Il aimait sa petite voix aiguë aux rares chants. Il aimait sa minuscule main accrochée à son doigt. Se réveiller avec un Al couché sur son torse. Savoir que, peu importe l’opinion de sa famille, il avait un fils qui l’aimait. Il n’avait jamais autant aimé. Il n’avait jamais autant été aimé. Personne n’aurait pu lui enlever son trésor.

Aetius était soldat.

Malgré son piètre entrainement militaire, il restait un grand homme : une chair de plus sur le champ de bataille, un coup de plus que l’ennemi devrait porter avant de trancher la tête de la troupe. Quand, aux trois ans d’Alaric, on annonça à Aetius que son divorce était responsable de l’explosion des tensions et que, de fait, il devait se rendre au front, il éclata. Il était poète. Il était père. Pas soldat! Qu’est-ce qu’Al allait devenir sans lui? Il n’allait pas survivre à la bataille! Son fils allait devenir orphelin. Le jour où il quitta son enfant, il mentit à ses larmes : « Paps..n-non… - Je vais revenir. Et après, on lira toute la bibliothèque de poèmes en mangeant de la tarte aux fruits… » Il lui sourit et souleva son petit corps contre son torse. Lire toute la bibliothèque? Impossible. C’était un mensonge évident. Mais Al était trop petit, trop innocent, il ne comprenait pas. Son bébé… Il espérait seulement qu’il parvienne à l’oublier. Si jeune. Il pouvait.

Aetius était vivant.

Il n’y aurait jamais cru, mais il avait survécu au combat! Le long siège de quatre mois avait été victorieux, et les hommes étaient presque tous retournés chez eux. Vivant! Incomplet, mais vivant. Ce n’était qu’avec Alaric qu’il existerait réellement à nouveau. Les mains d’un poète, trempées de sang, ce n’était plus réellement les mains d’un homme bon. Il voulait les doigts de son fils sur ses paumes pour y laver la mort.

Aetius était de retour.

Mais le pays n’était plus le même. Il lui sembla que l’agonie qui lui courait sur la peau depuis qu’il avait tué un soldat ennemi l’avait suivi jusqu’ici et s’était appropriée la lande. Le royaume entier était frappé par une autre calamité que la guerre. Elle grugeait l’esprit des gens, transformant le plus noble caractère en assassin. Elle mangeait la peau. Suffoquait les poumons. Elle était meurtrière, cette plaie à l’histoire. Elle avait avalé en quatre mois seulement près du tiers de la démographie blacksmith. Une pestilence. C’était ce qu’elle était.

Aetius était effrayé.

Où était son fils?! Où était Al! Pourquoi est-ce que personne ne lui indiquait rien! Quand il entra sa chambre, il trouva le doudou de son bébé, mais pas son enfant. On finit par lui admettre que, faute d’utiliser la magie blanche, on avait envoyé les malades en quarantaine dans certaines cités fortifiées. Les malades. On finit par lui admettre que son petit en faisait partie. Les futurs morts. Al n’allait pas mourir. Al était son amour. Son trésor. Al n’avait même pas quatre ans. Al ne savait même pas lire! Il lui avait promis qu’ils liraient toute la bibliothèque..! IL LUI AVAIT DIT QU’IL REVIENDRAIT! Qu’il serait là.

Aetius était terrorisé.

Il se rendit à la ville qu’on lui avait indiqué. Il se rua sur les barreaux qui empêchait la peste de s’enfuir. « N’y va pas! Tu vas mourir, toi aussi! Ils sont tous morts, déjà! » Aetius s’en moquait. Il n’allait pas laisser son bébé avec les morts! Son bébé, qui devait être terrorisé parmi les infectés… Son bébé… Son veau… Qu’est-ce qu’il voyait là-bas…?

Inutile. Père. Effrayé. Terrorisé.

Aetius était…

Il n’y a pas de mots pour décrire un parent qui a perdu son enfant. Il n’y a rien pour en décrire l’horreur, le désespoir, le vide. Le vide qui est destiné à ne rester rien.

Aetius n’a jamais crié de sa vie. Sauf ce jour-là, ce moment-là. C’était comme si tout ce qu’il aurait pu crier dans son immortalité s’était fait dans ce hurlement-là.  

Ce qu’il vit, aux portes de la ville, ce n’était pas le regard effrayé d’Al. Ce n’était pas ses larmes qui le suppliaient de le sortir de l’enfer. Ce n’était pas sa chair couverte de bubons. Ce n’était pas son petit corps chétif, mourant, mort.  

C’était la charogne d’un animal dévorée jusqu’aux os.  

Les lépreux avaient dévoré son fils vivant.

Sans attachement pour sa nation autre que son sang, rempli de haine pour les autorités qui avaient refusé l’exploitation de la magie blanche, Aetius ne voyait plus l’intérêt d’une pénible existence en terre blacksmith. Le seul souvenir qu’il y avait, c’était l’amour qui ne semblait pas vouloir durer pour lui. Il s’enfuit alors dans un royaume dont il ne connaissait pas la langue : celui des orcs. Il préférait être étranger au milieu d’inconnus que d’être inconnu au milieu de sa famille. Il n’alla même pas à la capitale. Il se fit paysan. Le jour, il travaillait son petit coin de terre et, les soirs, il lisait des poèmes. La mort lui avait coûté sa passion de l’écriture. Il pratiquait sa magie blanche dans l’espoir que, peut-être, il parviendrait à prévenir une future peste. Mais il était seul, Aetius. Il était trop grand, trop silencieux. On avait trop peur de lui pour l’arracher à sa solitude.

Aetius était seul.

Jusqu’à un soir d’hiver 91 460. Ce soir-là, la solitude se brisa dans une faille qui ne se refermerait jamais. Peut-être que le vide ne serait jamais rempli. Mais un autre plein s’était formé. Ce soir d’hiver-là, il s’était rendu au village et il y avait rencontré deux de ses mendiants : une mère et son fils. Hestia et Euric. Le froid hivernal avait dévoré leurs maigres ressources, et l’enfant allait se déclarer vaincu d’une bataille contre la pneumonie. Comment Aetius aurait-il pu résister? Le géant muet, le monstre redouté qui rarement sortait de sa caverne, la bête qui ne comprenait pas la langue des hommes, il prit en son antre ces orphelins de la société. Hestia et Euric. Ils devinrent les frères d’Alaric.

Aetius avait une famille.

Ils restèrent avec lui, jusqu’à leur mort à l’un et à l’autre. Il connut les rides du bébé qu’il avait sauvé. Il y eut ensuite Maëlle, une jeune prostituée abusée par la vie, violée par son grand-père. Raven, l’enfant lépreux qu’il parvint, à force de détermination, à soigner. Orion, une dame qui avait perdu la vue après avoir assisté à la mort de son fils. Samovar, l’homme maudit. Goro, le vétéran de guerre. Les pauvres. Les amputés. Les junkies. Les autres. S’ils avaient été abandonnés toute leur vie, ils trouvaient en Aetius une force immuable qui plus jamais ne les laisserait derrière. Certains faisaient refuge quelques mois, d’autres, toutes leurs vies. Aetius les aimait et, malgré le langage qui faisait obstacle – Aetius parlait à peine morgoth! – l’amour était réciproque. Il finit par avoir le village au complet sous sa tutelle! Il avait maintenant des centaines d’enfants. Il n’avait jamais autant voulu une vie que celle-là. Aider autrui, c’était sa vocation.

Aetius était inquiet.  

Parce que la guerre qui lui avait tué son innocence de poète, qui lui avait coûté son premier fils, elle avait de nouveau empoisonné le cœur des hommes, mais cette fois, dans le royaume morgoth. Les chevaliers, affamés, pillaient les récoltes de ceux qu’ils avaient juré protéger. Aetius craignait que leurs défendeurs parviennent à eux. Car ce n’était pas que la terre qu’ils profanaient, mais ses paysans aussi. Son village, au complet, était sous le potentiel danger des troupes. Aetius refusait de laisser ses aimés mourir à nouveau. Il les avait épaulés, protégés : ça n’allait pas changer. Il allait suivre la raison qui poussait son cœur à battre. Il allait sauver ses enfants des guerriers barbares.

Aetius était patient.

À chaque jour, il allait marchant jusqu’à la colline la plus haute de la seigneurie. Il regardait au loin la couleur du ciel, guettant la fumée qui annoncerait la perte du village voisin. Il ne disait rien. Ses fils et filles lui demandaient : « Staufen, où vas-tu? » Mais il gardait le silence. Il ne voulait pas leur peur. Parce que, les agriculteurs, effrayés des pilleurs, tendaient à diminuer leurs productions. Et cette diminution causait des famines, qui avaient généralement raison d’eux plus rapidement que les soldats eux-mêmes. Puis, un jour, sa crainte devint réelle. Il vit les flammes mourir dans le ciel. L’ennemi arrivait. Il ramassa une fourche et une faucille – ses seules armes – il galopa jusqu’à l’orée de la terre. Et il attendit.

Seul. Inquiet. Patient.

Les chevaliers étaient moqueurs.

Quand ils virent l’unique homme qui se tenait devant lui, à peine armé, ils furent abasourdis. « Que fais-tu ici, toi? » Aetius leur répondit d’un geste de tête, espérant qu’ils comprennent qu’il leur renvoyait la question. « Le dernier village n’a pas pu nourrir nos hommes. On se demandait si on pouvait emprunter à celui-ci. » Il secoua la tête. Les ressources, elles leur appartenaient à eux seuls. L’officier éclata de rire : « Non? Tu penses qu’on te demande ta permission? On a besoin de nourriture. On s’en fout que tu nous dises non ou pas! » Il ne riait pas de sa réponse. Il riait du paysan faible qui pensait pouvoir protéger ses terres.

Aetius n’était pas faible.

Quand les soldats se jetèrent sur lui, il répondit violemment à l’assaut. Il en rejeta trois d’un coup de fourche. Les trente autres, même s’ils étaient impressionnés de cette force brute, s’élancèrent à leur tour. Ce fut le début de la légende, cette attaque.

On dit que le Hohenstaufen a massacré cent ennemis. Il n’en a réellement tué que trente-deux. L’un d’eux s’est d’ailleurs enfui. C’est lui qui a raconté l’exploit.

On dit qu’il n’utilisait que sa fourche et sa faucille. Il finit cependant par voler une arme à un homme qu’il avait fait tomber. C’était une zweihander. Il l’utilise encore aujourd’hui.

On dit qu’il n’a reçu aucune blessure de ses adversaires. Mais il en a reçu, c’est seulement qu’à chaque coup, il utilisait sa magie blanche supérieure sur lui-même pour refermer les plaies, réparer les os.

On dit qu’il était brave. Sans peur. Froid.

Aetius était paniqué.

Parce qu’il ne pouvait pas se permettre de tomber. Si cette épée-là atteignait son cœur, Goro était mort. Si c’était la hache adverse qui tranchait sa gorge, Orion perdrait sa tête. Si le feu le réduisait en cendres, Maëlle serait violée. S’il ne gagnait pas, le village était perdu. Chacun des chevaliers qu’il parvenait à vaincre, ce n’était pas une victoire, non, c’était juste s’éloigner un peu plus de sa plus grande défaite.

À la fin, il poursuivait les hommes qui auraient voulu s’échapper. Comme une bête assoiffée de sang, il les descendait. Lorsque l’ennemi est au sol, il faut l’abattre. Et quand, au lever du jour, il avait tué à lui seul trente-trois chevaliers entraînés, la crème de l’armée morgoth, et en avait terrorisé un à la fuite, ce n’était pas un exploit, pour lui, ce n’était pas un miracle, non, c’était une horreur. Il en avait laissé un vivre.

Aetius avait perdu.

Il s’élança au village et, en kuzdhul, ordonna violemment à ses enfants de ramasser leurs choses, de fuir. Ils ne comprirent pas les mots, mais voir leur père aussi terrorisé les poussa à l’obéissance. Les voilà qui s’exilèrent en terre sylvestre pour les années qui restaient à la guerre. Aetius les protégea, évidemment, mais sa crainte renaquît lorsqu’il dût les laisser retourner en leurs terres alors que lui ne pouvait pas. Il n’aurait jamais su ce qui leur était arrivé, après ça. Avaient-ils retrouvé leurs champs? Avaient-ils été emprisonnés pour leur fuite? Le seul dont il entendrait parler, après cela, ce serait Samovar. Il aurait péri de sa malédiction.

Aetius était renégat.

Même à la fin du conflit, il ne put se permettre de regagner les frontières. L’évadé de son massacre avait fait courir son nom à travers le royaume. Hohenstaufen. L’orc blanc à la crinière rousse. Aetius le bâtard. Il devint Aetius le miracle, pour les uns, Aetius le fléau, pour les autres. On le priait autant qu’on le craignait. Plusieurs siècles après la guerre, d’ailleurs, on fit sanctifier son nom. Mais au lendemain du conflit, les autorités étaient trop prises de leur colère récente pour celui qui leur avait coûté une troupe entière. Ils allèrent même à le blâmer pour d’autre rébellions paysannes! Aetius fut considéré vilain. Une prime fut mise sur sa tête. Il dût, pour la deuxième fois de sa vie, trouver autre demeure. Il resta en terrain sylvestre.

Aetius était connu.

Et il attira l’attention d’un homme. Son futur suzerain, le maître de la plus grande compagnie de mercenaires elfique. Un homme encore plus connu que lui.

Aetius était ivre.

C’était un soir comme Aetius en avait pris l’habitude. Seul, il était presque triste. Il errait entre les villes et, les nuits, il arrêtait à la taverne la moins chère pour acheter boissons et cœur. Il charmait les âmes faciles pour leur offrir l’amour dont il avait tant besoin d’offrir. Il avait surtout l’habitude de jeunes mâles. Ce ne fut donc pas inhabituel qu’un garçon au corps mince, à la chevelure châtaine bouclée, s’accroche à son bras pour une chevauchée nocturne. À la fin de leur débauche, son amant lui murmura : « Aetius le miracle? Ils chantent ton nom jusque chez les naïades. Si tu es aussi fort au combat que tu l’es à me faire l’amour, je te veux dans ma bande. » Cette bande, Draca, possédait les mercenaires les plus réputés des sylvestres. Leur leader avait été anobli par l’empereur lui-même! Alvaro. Le présage de la victoire. Il était dit que, quand on le voyait sur le champ de bataille, on savait déjà qui avait gagné.

Aetius était incertain.

Il n’avait jamais voulu être guerrier, encore moins mercenaire! Il voulait sauver des vies, pas en enlever! Il était flatté par l’intérêt d’un homme comme Alvaro. Son charme était irrésistible. C’était un beau garçon, vif, au charisme évident. « Je te veux. » Les mots seuls le foudroyaient de désir. Il le voulait aussi, ce jeune seigneur.

 Aetius était résigné.

Il se dit qu’il le rejoindrait jusqu’au prochain village. Il le quitterait après. Il n’avait jamais pensé qu’Alvaro ne le laisserait pas partir. Quand il tenta de lui échapper pour retourner à sa vie de sexe et de boisson, Alvaro leva les armes contre lui. Il se retrouva, à sang, à embrasser les pieds de l’animal. Alvaro était un enfant capricieux. On ne refuse rien à un enfant capricieux si celui-ci est capable de manier l’épée avec plus de brio que les troupes entraînées des orcs. Il dût devenir son chien pour le satisfaire. Son chien. C’est péjoratif, comme mot, mais un chien, c’est le meilleur ami de l’homme. Alvaro entretenait une relation de respect, quoique de subordination, avec le sien.

Aetius avait un ami.

Il jura loyauté à Alvaro pendant 525 ans avant de l’officialiser. Il le servait dans les deux domaines qui avaient attiré son maître à lui : sexe et combat. Il ne lui était fidèle réellement que sur le champ de bataille. Alvaro s’était déclaré prioritaire sur son corps, mais jamais il ne l’avait empêché de partager sa couche avec un autre. Aetius ne se plaignait pas. Voir Alvaro le rejoindre dans sa tente après un long voyage, c’était toujours agréable. C’était une affaire de besoins physiques, rien de plus. Au combat, il était son tank. Il prenait les coups trop durs pour lui. Il s’entraîna, développa sa magie blanche, au point où même cet homme qui était parvenu à l’agenouiller des années auparavant n’y arriverait probablement plus. Mais Aetius ne quitta pas son chef, même s’il était plus fort que lui. C’était son meilleur ami. Il l’adorait.

Aetius était vassal.

Ils officialisèrent leur lien un matin de juillet 94 048, par une ancienne cérémonie barbare qui n’avait de valeur qu’à leurs yeux. À genoux devant son suzerain, Aetius lui fit vœu de fidélité : « Voulez-vous devenir son homme? – Oui, je le veux. » Alvaro, le sourire aux lèvres, le ramena vers lui et scella leur union dans un baiser. Il lui sembla se marier à nouveau, mais il n’y avait rien de romantique. C’était une profonde amitié, une amitié à laquelle il n’avait jamais songé, mais que désormais, il rêverait toujours. Parfois, encore, Alvaro lui manque, mais sa compagnie de mercenaires, il la préfère comme elle est maintenant.

Aetius était chef.

Alvaro avait reçu d’Argos une lettre pour faire de lui un général des Fergail. Il avait rapidement accepté l’offre, mais il avait voulu amener son vassal avec lui. Aetius avait refusé l’offre. Si quelqu’un pouvait faire survivre leur bande après le départ du charismatique Alvaro, c’était lui. Puis, Aetius avait un mépris de la vie noble depuis sa jeunesse. Se séparer de son ami lui brisa le cœur comme aucune séparation de ses enfants ne l’avait jamais brisé, mais il s’y fit. Lorsqu’il apprit la mort de son ancien leader, au combat, plusieurs années après, il pleura durant toute une semaine. Enfin, Aetius hérita du titre de souverain. La gloire au temps du présage de la victoire ne fut jamais rétablie, mais il s’en moquait. Parce qu’ils avaient à nouveau des enfants. Il n’avait jamais pensé qu’il aurait pu, qu’il aurait voulu, même, récupérer d’autres orphelins. Mais quand la première âme perdue croisa son chemin, il réalisa qu’il n’aurait pas pu rester loin de sa réelle vocation. Sauver la vie. Pas l’enlever.

Aetius fut charmé.

Par le premier être brisé qu’il a rencontré après son ascension sociale. Dustin Morhange. Une victime évidente d’un viol atroce. Jusqu’à la pointe de ses cheveux, il portait la trace de son agression. Il n’a pas encore réussi à le sauver. Mais il essaie. Il sait qu’il est une bouée pour cet homme abusé. Il espère un jour qu’il puisse apprendre à nager. Dustin ouvra la voie à tous les autres. Certains plus faciles à retourner à la mer que d’autres. Certains plus récalcitrants à la séparation. Mais tous, il les a aimés. La compagnie des mercenaires est devenue une troupe de chiens errants qui trouvent refuge sous Aetius. Il aime cette vie comme il n’a jamais aimé vivre. Il est plus fier encore de son rôle de salvateur qu’il l’est de la légende qui porte son nom.
 
Aetius est accompli.
 
Il n’est pas seul. Il ne le sera plus jamais.

Parce qu’enfin, il a une famille.

Et il est assez fort pour la garder.

∞ Aspect social


Staufen est le patron d’une compagnie de mercenaires. Lors de l’une de ses nombreuses missions, il a été anobli par le duc des bois blancs et possède désormais une seigneurie en ses terres. Il s’y rend rarement, mais il s’y enrichi considérablement grâce aux taxes. Staufen est donc un homme assez riche, mais aussi assez connu sous le nom de Aetius le miracle, le fléau ou encore l’orc blanc. La légende raconte l’exploit d’un paysan qui aurait vaincu 80 soldats ennemis, en une nuit, armé de seulement une fourche et une faucille. Son père était un Fanalis, ce qui explique sa force surhumaine, mais il ne le sait pas. Il parle très bien le kuzdhul, le sylvestre et l’angélique, même s’il lui arrive de confondre certains mots dans cette dernière langue. Il parle peu le morgoth. Il ne comprend rien de l’enochian. Pour Staufen, les dragons sont un désastre comme un autre. Il ne les craint pas particulièrement, puisqu’il vit à l’extérieur de la ville, mais serait définitivement prêt à les combattre s’ils s’échappaient. Il croit que la possibilité que ces bêtes s’évadent est très grande, en fait, il ne croit pas réellement qu’on puisse parvenir à refaire le sceau. Mais ça ne le dérange pas. Ses compagnons préférés sont Rose et Veldamir. Il est très protecteur envers ces deux-là, surtout quand les relations amoureuses sont impliquées. Il adore tout de même tous ses autres subordonnés principaux : Ginoza, Lenon, Harrisson, Barbas, etc. Il n’y a que François qu’il n’apprécie pas du tout! Il adore la poésie, même s’il n’en écrit plus. Rose lui achète d’ailleurs un recueil à chaque Noël. Il possède une immense bibliothèque à son manoir, où tous ses livres préférés se retrouvent.



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MessageSujet: Re: Indestructible (terminé) Lun 1 Jan - 21:24
Claudia
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MessageSujet: Re: Indestructible (terminé) Mar 2 Jan - 12:28
Kaäs
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